C-O-N-T-A-C-T / G. Jourdain / Théâtre #52

C-O-N-T-A-C-T est une expérience théâtrale distanciée conçue par Gabrielle Jourdain et Samuel Sené, mise en scène par ce dernier, écrite par Éric Chantelauze, accompagnée par la musique de Cyril Barbessol, et interprétée par Inès Amoura et Jacques Verzier.

 

Alors qu’elle se balade paisiblement dans les rues de Paris, deux évènements inattendus vont chambouler le trajet de Sarah : une crise d’angoisse, floue comme elle la qualifie, et la rencontre d’un homme énigmatique. Parviendra-t-il à éclaircir ce qui le mérite ?

 

photo Contact afficheQui n’a jamais été confronté à la crise d’angoisse venue de nulle part et d’autant plus incontrôlable ? Notre personnage féminin, Sarah, en fait les frais sous nos yeux, dans un monde où le contact physique est devenu proscrit. L’homme qui l’aborde fait alors bien de provoquer cette rencontre, malgré la réticence générale due notamment à la crise sanitaire actuelle.

Je vais commencer par vous expliquer le concept de C-O-N-T-A-C-T : Muni de leur téléphone et d’écouteurs, un groupe d’une quinzaine de personnes se retrouvent dans la rue avec pour seul préambule le téléchargement d’une application. Sur place, la consigne est simple : Casque sur les oreilles, suivez le personnage féminin dans sa déambulation. Ici, aucun risque de contamination, les distances sociales sont respectées.

Conceptuel ? Sûrement, en tous cas, pour moi, c’était une première. Ça fonctionne ? Oui, sans aucun doute ! Il y a toute une machine derrière ce spectacle qui donne un résultat qui n’était pas gagné d’avance : Sans la promiscuité propre à la salle de théâtre, la sensation de proximité est pour autant toujours présente. « Loin des yeux, près du cœur », pourrait-on dire !

Nous sommes dans une période où le spectacle vivant ne vit clairement pas ses plus belles heures, et je ne souhaite pas que ce dispositif devienne le futur du théâtre. Par contre, l’équipe de C-O-N-T-A-C-T ne s’est pas contentée d’une simple adaptation au contexte actuel impliquant les gestes barrières. Il s’agit, à mon sens, d’une forme théâtrale à part entière.

La mise en scène de Samuel Sené est absolument ancrée dans le réel car le décor est constitué de la ville avec ses rues, bancs, escaliers, lieux où nous sommes sûrement passés des dizaines de fois auparavant sans s’y attarder de cette manière. On pourrait présumer que ces éléments, ainsi que les passants, pourraient nous distraire du spectacle, mais tout est partie intégrante de l’histoire.

Protégé par une bulle sonore que le spectateur est seul à pouvoir apprivoiser, la musique de Cyril Barbessol n’est pas étrangère à l’immersion totale. L’ambiance sonore qu’il crée pour l’occasion permet d’apporter encore un peu plus de liant à notre déambulation émotionnelle.

J’ai également apprécié le fait que chaque spectateur puisse choisir son point de vue par rapport aux comédiens, n’ayant pas de limite scénique à part peut-être là où se situe l’action.

L’écriture d’Éric Chantelauze nous plonge dans les pensées de notre duo avec une fluidité telle qu’elle nous permet de nous sentir proches intellectuellement du récit. Sa plume a cette qualité d’être concrète tout en rendant le côté décousu de l’esprit qui vagabonde.

Grâce à elle et aux comédiens, il nous est aisé de bien différencier pensées et voix. Puisque la parole n’est pas portée en temps réel, ne vous attendez pas à du mime. Au contraire, Inès Amoura et Jacques Verzier nous livrent une interprétation où l’expression corporelle a toute son importance, tout en étant de l’ordre de l’intime, convoquant les regards et expressions faciales.

Visuel C-O-N-T-A-C-TAyant tous été plongés dans un enfermement où la seule chose commune était la temporalité et la privation de contact extérieur, l’auteur suggère qu’il est tout de même possible de voir au-delà de nous-mêmes, en se donnant la possibilité de s’ouvrir aux autres différemment.

S’il fallait vraiment la qualifier, je dirais que cette expérience théâtrale se trouve au croisement de trois disciplines :

  • Le théâtre pour toutes les raisons évoquées ci-dessus ;
  • Le happening par son côté performatif ;
  • Le podcast grâce à un enregistrement et une ambiance sonore utilisant les dernières technologies binaurales.

En ce qui concerne l’application, elle est gratuite et très simple d’utilisation. Par ma faute, j’ai eu un petit bug pendant la représentation. Mais il n’y aucun souci à se faire, j’ai été rapidement aidée par un membre de l’équipe, efficace, souriant et à l’écoute !

Je vous encourage vivement à tester cette expérience théâtrale qui vous fera découvrir le théâtre et Paris sous un autre angle. Via ce lien, vous trouverez toutes les informations dont vous aurez besoin : https://c-o-n-t-a-c-t.fr/

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Je vous embrasse !

2 commentaires sur « C-O-N-T-A-C-T / G. Jourdain / Théâtre #52 »

  1. Hello 🙂 Merci pour cet article ! Je trouve l’idée absolument géniale ! C’est pas ce que l’on a pour habitude de connaître du théâtre « classique », mais c’est une bonne manière de faire revivre tout ça, avec la (foutue) COVID. Bien dommage que je n’habite pas tout près, car c’est sur que j’aurais testé !

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