Comment j’ai foiré mon confinement ?! – Humeur #7

⇒ La version AUDIO est en bas de la page ! (Ou sur YouTube : https://www.youtube.com/watch?v=6yhzVzIBsZE&t=5s) ⇐

 

Quand le confinement a commencé, je n’avais pas du tout envie de vous en parler sur le blog, et pour plein de raisons, notamment :

  • Énormément de choses/faits/décisions m’ont énervée, et aucune envie de les lister, ni de réagir dessus, je ne voyais pas l’intérêt de l’écrire si c’était pour rester dans quelque chose d’uniquement négatif.
  • « 5 choses à faire pendant le confinement. » / « 5 choses à ne pas faire pendant le confinement. » / « 5 exercices pour perdre du poids pendant le confinement. » … Je n’ai rien contre ce type d’articles, mais tout à fait personnellement, en tant que lectrice, la première chose que je fais en les voyant passer, c’est de ne pas les lire ! Donc, comment les écrire ? D’autres le font très bien, je leur laisse !
  • Émotionnellement, la situation m’affecte. Voir les infos, et ensuite, très vite malheureusement, les hommages (attention, nécessaires !), m’ont rendue très triste. En même temps, je me savais chanceuse et préservée d’être en bonne santé. Et d’un autre côté, je me sentais totalement impuissante, ne pouvant rien faire d’actif, à part ne pas bouger de chez moi.

Nous sommes dans notre 4ème semaine, et ma vision des choses a changé. Ce que je partageais ici avec vous était mon quotidien : mes routines beauté, mes sorties théâtrales, quelques humeurs, séries et restos de-ci de-là. Aujourd’hui, ce qui est mon quotidien, c’est ce confinement, et ce qui change, c’est que nous le partageons, si commun à tous et pourtant si différent pour tous. Alors, j’ai décidé de vous en parler, à ma façon, sous la forme d’une humeur. Allons-y !

Je vous explique donc comment j’ai foiré mon confinement !

J’avoue, je l’avais pas vu venir. Ou si, bien trop, justement. Je ne me souviens plus. Ce que je sais, c’est que le jeudi qui précédait son annonce, j’avais tenu coûte que coûte à aller au théâtre : cet espace clos où se retrouvent une centaine de personnes pendant 1 heure, 60 minutes, 3600 secondes. J’avais pleinement conscience de mon choix, 360.000 occasions de l’attraper, mais je savais pertinemment aussi que ce serait ma dernière lucarne sur le monde réel avant … quand ? Heureusement, la pièce était vraiment cool (le contraire aurait été assez frustrant), d’ailleurs, vous pouvez retrouver mes impressions via ce … non, je déconne.

Et en l’espace de quelques heures, je suis passée de celle qui encourageait la fréquentation des petites salles de spectacle à celle qui exhortait les proches et autres amis virtuels à rester chez eux.

Et j’entrais dans ce long tunnel, accompagnée d’un milliard de personnes, qu’est le confinement. Je ne réalisais pas bien ce que cela signifiait, enfin, c’est ce que je m’imaginais les premières heures.

Qu’allais-je donc faire pour occuper mes journées ?

Du sport ? Je m’y suis mise depuis janvier, quelques exercices effectués entre mon lit et mon bureau, seul espace dispo.

Des moments cocooning ? Aucun masque hydratant dans ma salle de bain (ni FFP2 d’ailleurs). Horreur, malheur ! La sorcière qui sommeille en moi sort alors sa marmite et fera du marc de café son meilleur gommage, et de l’association du miel et de l’huile d’olive la recette parfaite à appliquer sur son visage !

Mes cheveux ? La cure de sébum (autrement dit, comment avoir les cheveux gras le plus longtemps possible) s’impose !

Et là où les réseaux sociaux m’indiquaient que les confinés démunis de télétravail s’ennuyaient, je me suis rendu compte que ma situation actuelle, « À la recherche d’un emploi touchant le RSA », était à peu de chose près la définition du confinement. Voici donc mon 1er ratage, global celui-ci : je n’allais pas pouvoir réinventer mon quotidien.

Le dimanche suivant l’annonce, mes parents me proposent de troquer mon 20 m² contre ma chambre d’adolescente à la campagne. Je refuse, assez logiquement. Je ne m’étais quand même pas entrainée pendant autant de mois à égayer mes journées à la base vides pour ne pas en profiter le jour où aucun jugement n’allait s’y opposer. Ma 2ème foirade si j’en crois tous ces migrants citadins : si Rebelle avait pu un jour lointain être mon 5ème prénom, aujourd’hui, il se nommait Raiponce.

S’en est suivi le sujet des courses alimentaires. Alors ça, j’affirme que je ne l’avais pas vu venir. Je passe 1h30 à remplir mon panier virtuel sans pour autant faire des réserves de l’apocalypse. Je le valide, et je découvre ce message : « Plus de créneau disponible, revenez dans quelques minutes ». Je renouvelle cette manipulation chronophage mais vitale 2, 3, 4 et 5 fois, sans succès. Vient alors cette question : « Est-ce que j’en ai vraiment besoin ? ». Oui, les 3 bananes noircies qu’il me reste ne me suffiront pas. C’était mon 3ème échec : ne pas avoir les armoires pleines à craquer pour pouvoir cuisiner toutes ces choses que je n’avais jamais faites avant.

D’ailleurs, parlons « Cuisine » ! Nous parlerons « Dépendances » après. Étant un peu à court d’éléments comestibles, allais-je vraiment jeter ces 3 bananes ? Au bout d’une semaine d’hésitations, de longs moments à trainer sur Instagram, et quelques traces de moisissures supplémentaires, j’ai donc cédé à cette recette si populaire du banana bread, et ainsi, pouvoir tout de même découvrir ce nouveau monde culinaire qui s’ouvrait à moi. Je ne suis pas une grande cuisinière, encore moins pâtissière, mais le fait est assez rare pour être souligné, il était si réussi !

Ne serait-ce pas là ma première réussite de ce confinement me direz-vous ? Non, voici mon 4ème fiasco : cette pâtisserie est absolument surcotée sur les réseaux, croyez-moi. Ne gâchez surtout pas ce dernier sachet de levure retrouvé au fond d’un placard avec un banana bread (plus communément appelé « le gâteau-solution pour ne pas jeter ce truc tout noir ») … Je vous en prie, je vous en conjure, optez pour quelque chose de gourmand croquant … des cookies !

Place à la dépendance : les réseaux sociaux, dont le qualificatif n’a jamais autant raisonné dans nos esprits vagabonds. J’ai très vite ressenti une pression, venue de tout le monde et personne à la fois, via ces pertes de temps qui nous le font passer. Ils me susurraient à l’oreille (était-ce là le début de la folie ?) que c’était évidemment l’occasion d’être plus active sur le blog – REBONDIR.

Les premiers jours, j’ai vu ça comme surfer sur la vague d’un malheur mondial, rapport à mon état émotionnel du moment je pense. De fil en aiguille, j’ai réalisé à quel point je pouvais être con-con de temps en temps. Le blog ne me rapporte pas une thune, y’a pas de vague, et par conséquent, pas de surf.

Les jours d’après, toujours sur ces mêmes plateformes de partage, je voyais les gens s’organiser avec autant de rapidité que de talent pour proposer des pastilles divertissantes.

Le doute m’envahit aussi vite que le Covid19 le fit avec le monde : « Mais toi qui pense créer de temps à autre, pourquoi ne trouves-tu pas ta bonne idée ? » – REBONDIR – ÊTRE PRODUCTIVE. La boucle des croyances limitantes était lancée.

Mais qu’est-ce que j’allais donc pouvoir faire pour respecter ma seule contrainte vis-à-vis du blog, à savoir publier chaque jeudi ? J’avais bien quelques produits de beauté en réserve. Ok, je vais tenir 2 semaines.

Et la boucle résonnait un peu plus fort à chacun de mes passages sur cet écran d’où je vous écris : REBONDIR, ÊTRE PRODUCTIVE, NE PAS GROSSIR, CUISINER, RANGER, NETTOYER, BALAYER, ASTIQUER, …

Ce serait là mon 5ème plantage : Ne pas avoir pondu plus de contenu.

Quand j’étais en humanités, lors d’une conférence, l’écrivain Pie Tschibanda aborda le sujet de l’échec : « (…) Quand vous ratez quelque chose, ratez le bien, ratez-le vraiment. (…) ». Après avoir perdu plus de temps à chercher quoi faire plutôt que de passer mon temps à (ne rien) faire, cette idée a stoppé cette boucle qui m’obsédait : J’étais un peu fière d’avoir foiré mon confinement.

Alors, si je prétendais une seule seconde à vous prodiguer mes bons conseils, voici le mien :

  • Habillez-vous / Restez en pyjama
  • Grossissez / Mincissez / Restez stable
  • Buvez de l’alcool / Hydratez vous
  • Faites un marathon d’une série telle que Homeland / N’allumez pas vos écrans
  • Faites du sport / Affalez-vous sur votre canapé
  • Ne vous lavez plus les cheveux / Pouponnez-vous un max

En résumé, faites bien ce que vous voulez pendant une période inédite où la seule chose qu’on vous demande, c’est d’y survivre.

 

VERSION AUDIO / PODCAST

 

Vous avez apprécié la lecture de cet article ? Alors dites-le moi ! Par exemple, en me rejoignant sur les réseaux, vous avez le choix :

Je vous embrasse, prenez soin de vous et de vos proches. Et peut-être à la semaine prochaine !

13 commentaires sur « Comment j’ai foiré mon confinement ?! – Humeur #7 »

  1. Ton article est vraiment sympa ! (Comme toi, j’en ai un peu marre de voir des articles « quoi faire pendant le confinement » etc) et ce format change tellement des autres !

    Je pense que ce confinement est parfait pour faire toutes ces choses que l’on a pas le temps de faire en temps normal. Même si je dois bien l’avouer j’aurai préféré être dehors quand même haha…

    Je me suis mis en tête qu’il fallait que je fasse attention, mais à quoi bon ?! Je suis déjà assez déprimée de ne pas sortir pour me priver de manger mdr.. Alors je profite ! Et si je n’ai pas envie, je ne fais pas XD

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    1. Merci pour ton retour 🙏🙏🙏
      Oui, le tri par exemple, mais c’est pas sans fin 😅
      Fais attention à ta santé, c’est déjà pas mal ! Je te souhaite bon courage, en plus avec le beau temps qui pointe le bout de son nez, ça n’aide pas ! Allez, c’est pour mieux profiter plus tard 😊 ! Je t’embrasse !

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  2. Super plume, pleine d’humour et d’auto-dérision ! 🙂 Comme toi, je déteste ce genre d’articles « 5 activités à faire pendant le confinement » (et même de manière générale d’ailleurs c’est pas mon truc)… Parce que finalement, on fait comme on peut, avec ce qu’on a ! 🙂

    Aimé par 1 personne

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