13 REASONS WHY – Saisons 1 et 2 (UPDATE)

La 2ème saison de « 13 reasons why » est sortie ! Je trépigne d’impatience autant que je redoute la déception. Vous l’aurez compris, j’ai été emballée par cette 1ère saison. Je l’ai littéralement bouffée, bien que je ne sois pas une grande adepte du visionnage glouton.

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Il est vrai qu’au début, je trouvais la trame un peu lente. J’avais du mal à arriver au bout d’un épisode sans faire quelque chose au milieu. Et j’avais le préjugé (stupide, mais comme beaucoup de préjugés …) qu’il s’agissait d’une série pour ados. Sans doute à cause du contexte, sûrement à cause de l’âge des protagonistes, je ne sais pas. Heureusement pour ma culture sérielle, étant à court de séries à me mettre sous la dent, ne pouvant pas ignorer les polémiques et autres débats qu’elle a suscités, et entendant les critiques pour la plupart positives, je me suis obstinée et je ne suis pas passée à côté de ce bijou.

Les qualités de « 13 Reasons Why » sont multiples, entre autres :

⇒       La distribution : Rien à redire ! Les acteurs sont géniaux (ah, les acteurs américains !). J’accorde une mention spéciale à Kate Walsh (Grey’s anatomy, Fargo, …). C’est une excellente actrice, évidemment, je le savais déjà. Mais je n’avais jusqu’ici jamais adhéré aux rôles qu’elle avait incarnés. Dans cette série, j’ai pu mesurer toute l’amplitude de son talent – un personnage complet et complexe, sans fard ni artifice.

      Le traitement de sujets (trop) peu représentés : le suicide et le viol sont des sujets souvent tabous dans les séries. Ici, le traitement y est cru, mais percutant. Il a ainsi l’avantage de faire parler, et d’amener le débat.

      Le traitement de l’adolescence : On y est tous passé. Mais en tant qu’adulte, parent ou non, je pense qu’il est bien de se rappeler à quel point c’est une période compliquée. Et dû aux changements physiques qui s’opèrent notamment, qu’il est difficile d’être une fille adolescente ! Graves ou non, les évènements qui s’y passent peuvent être déterminants pour la suite, et doivent toujours être considérés avec attention.

La série nous démontre aussi comment le harcèlement scolaire a évolué avec les réseaux sociaux. Avant cet accès démocratisé à ces nouvelles technologies, le fait de rentrer chez soi permettait de cloisonner ce qu’il se passait avant et après le retentissement de la cloche de l’école. J’imagine que le sentiment d’insécurité a augmenté pour ces générations connectées.

      L’identification à l’histoire et aux personnages : C’est le pari quasi toujours relevé par les séries américaines selon moi. Elles arrivent à créer un attachement du spectateur envers les différents protagonistes. C’est cette raison également qui fait que j’ai réussi à m’accrocher et à aller au bout de la série.

En effet, j’ai vécu l’expérience de plusieurs disparitions, en l’espace de quelques années, dans mon entourage proche. J’ai encore du mal à nommer l’acte objectivement, et je n’arrive pas à identifier pourquoi ce mot ne veut pas sortir de ma bouche. Adolescents ou pas, ce sont des évènements qui marquent à tout jamais. Ils m’ont renvoyée à moi-même, à ce que je suis, à pourquoi je tenais à la vie, et à ce qui en faisait quelque chose de précieux. « C’est son choix », m’avait-on dit. Je ne comprenais pas bien cette phrase à l’époque, et j’y ai beaucoup pensé. Cela m’a amenée à une autre question. Est-ce que la personne qui fait ce choix pense qu’il y a une alternative. Au moment de l’acte, ainsi que pendant le chemin de pensée qui amène à cela, est-ce que la personne qui met fin à ses jours pense que c’est la seule solution ? Elle ne doit pas (a)voir l’alternative, qui est de choisir de continuer. Du coup, ce ne serait pas un choix, mais une sorte d’issue unique. Attention, je tiens à faire un avertissement important : ce n’est pas une réponse que j’apporte, mais tant de questions qui sont toujours en suspens. Je ne sais pas, je suis ignorante, et sans doute y a-t-il autant de réponses qu’il y a de pertes.

Au fur et à mesure, je ne me suis pas identifiée à Hannah, bien que je pensais faire un parallèle avec elle – car c’est une fille, car j’ai connu le harcèlement à l’école, car j’ai eu cet âge-là. Je me suis identifiée à Clay. C’est Clay qui m’a poussée à continuer le visionnage. À chaque épisode, j’avais peur d’entendre sa cassette et de découvrir ce qu’il avait fait. On se doute bien, pour la narration, qu’il ne sera pas dans les premières personnes citées, mais à chaque fois qu’un autre prénom était mentionné, j’étais soulagée, je ne serai pas ce meurtrier involontaire qui s’ignore.

L’épisode où Hanna est victime de viol a enlevé la distance que j’avais avec ce personnage, car chaque femme dans sa vie est confrontée à un épisode d’agression sexuelle, tout du moins. La scène est crue, mais elle est importante car elle soulève un sujet qui est tabou et qui ne devrait pas l’être en 2018. Je me suis demandée combien de fois une femme se faisait violer au cours de sa vie sans pouvoir affirmer : « C’est un viol ».

ELLE a 25 ans. ELLE passe une soirée entre amis à son domicile, deux garçons et deux filles (dont elle). Un couple se forme, il y a envie de part et d’autre. Il n’y a pas de moyen de rentrer chez soi, ils passent la nuit dans la chambre d’amis. ELLE va dans sa chambre et IL aurait dû s’installer dans le salon, c’est ce qu’ELLE croyait. IL n’intéresse pas ELLE, mais apparemment, il semblait logique pour IL que deux jeunes adultes majeurs et vaccinés fassent la même chose que ceux qui sont dans la chambre voisine. Pas pour ELLE. IL l’a suivie, sans invitation. IL l’embrasse. IL essaye de la toucher intimement et y arrive. Il y a refus de la part d’ELLE, pas un refus autoritaire, mais un refus posé, intimidé, et gêné.

Va-t-on vraiment devoir parler de l’intonation du refus ? Malheureusement, j’ai l’impression que oui.

Le « non » n’était pas assez ferme, mais il avait été dit. ELLE est paralysée. Cela s’appelle l’état de sidération qui est l’une des réactions que l’on peut avoir lors de stress traumatisant comme l’abus sexuel. Après la paralysie, ELLE se ressaisit, assez rapidement. Quand son cerveau s’est remis à fonctionner, ELLE l’a repoussé de façon sèche, a pris une voix autoritaire et a arrêté le prédateur. Il y a encore eu insistance mais sans violence, pour finalement qu’ELLE se lève, quitte sa chambre et aille dormir dans le salon.

Selon moi, il serait compliqué de défendre cette situation comme un viol à cause notamment, du contexte (alcool, fête entre amis, pas de proposition louche dans la première partie de soirée, …), et pourtant … si l’on reprend la définition juridique de façon objective, il n’y a pas à tergiverser : Le viol est défini par le Code pénal comme tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu’il soit, commis sur la personne d’autrui par violence, contrainte, menace ou surprise. (…) On distingue le viol des autres agressions sexuelles à travers l’existence d’un acte de pénétration qui peut être vaginale, anale ou buccale. Cet acte peut être réalisé aussi bien avec une partie du corps (sexe, doigt…) qu’avec un objet.

Je voudrais juste dire que :

      Si une fille ne se débat pas, elle ne doit pas se sentir coupable et penser qu’elle a donné son consentement, c’est une des réactions possibles lors d’un choc psychologique comme le viol ou l’abus sexuel. Ce n’est pas pour rien que ça porte un nom, c’est l’état de sidération ;

      Il faut se remettre au centre des situations, en l’occurrence, de situations intimes, qui peuvent avoir de lourdes conséquences sur nos vies de femmes. Se remettre au centre, c’est se poser les bonnes questions de soi à soi : « Est-ce que j’en ai envie, à ce moment-là, avec cette personne-là ? » ;

      Il faut se sentir libre de dire NON : que ce soit avec un inconnu, un ami, un compagnon.

      J’ai l’impression qu’à certains endroits, j’ai fait un récapitulatif de banalités. Mais tant pis ! Je pense qu’il ne faut jamais rater une occasion de rappeler certaines choses qui tombent sous le sens, comme ce dernier point :

      Il faut regarder cette série !

Je voulais également ajouter qu’il y a un bonus disponible sur Netflix comportant des interviews de l’équipe de la série notamment. Les points de vue des comédiens sont enrichissants, et il est intéressant d’entendre les acteurs parler de la construction de leur propre rôle, et de l’intrigue dans laquelle ils prennent place.

J’espère que la lecture de cet article vous aura donné envie de visionner cette série. Et je n’hésiterai pas à donner mon avis sur la saison 2 dans un prochain article !

« 13 Reasons why » est disponible sur Netflix. Voici la bande-annonce de la saison 2 (avec, comme cerise sur le gâteau, un excellent morceau de Depeche Mode !).   


UPDATE : Bon bon, j’ai vu la 2ème saison … Ce n’est pas une déception mais mon emballement est bien moindre que pour la 1ère saison.

Même canevas :

–        C’est lent et long sur les premiers épisodes.

–        Toutes les qualités que j’ai énumérées pour la 1ère saison s’appliquent à la 2nde.

Mais personnellement, j’aurais pu en rester là car, selon moi, cette saison n’était pas nécessaire en termes de sens.

Il y a sans doute une raison supplémentaire à ma réticence : Il y a une scène du dernier épisode que j’aurais préféré ne jamais voir (je préfère ne pas spoiler, mais ceux qui l’ont vu sauront de quoi je parle je pense). Je ne suis pas spécialement peureuse face aux images crues, mais c’était trop insoutenable.

Il y a de nouveau un bonus d’interviews qui est instructif. Il permet de mieux comprendre les choix et les sujets abordés. Je le recommande, ne serait-ce que par rapport à cette scène qui prend alors tout son sens.

Je ne ferai donc pas d’article supplémentaire parce que je n’ai pas mille choses à dire de plus, et que je n’ai pas envie non plus de dissuader le visionnage. N’hésitez pas à me donner votre point de vue !

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